google.com, pub-7957174430108462, DIRECT, f08c47fec0942fa0 interview délicieusement truculente de Bruno Gaccio. les Pâtes à l'Ail

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interview délicieusement truculente de Bruno Gaccio. les Pâtes à l'Ail



Bonsoir Bruno GACCIO. est ce que vous faites vraiment les pâtes sur scène ?

Bien sûr, on fait les pâtes à l'ail, on les rate, mais oui. On les faits.

J'étais au deuxième rang et ca sent l'ail, figurez-vous.

(rire) On fait vraiment la "scarpetta": on coupe la tomate, on met l'ail, de l'huile d'olive, un peu de vinaigre balsamique, du sel, du poivre. Mais ce soir, il n'y avait pas de basilic.

Ce n'est pas pas évident de boire, de manger, de cuisiner sur scène.

Nous, on fait tout « comme à la maison ».

Vous dites ça, comme si c’était vraiment naturel, mais ce n'est si pas évident.

Ah, c'est du travail ! En même temps, on a 60 ans de répétition, derrière nous.

Justement, vous connaissez réellement Philippe Giangreco, depuis 60 ans ?

Il est du mois de février 59 et moi, du mois de décembre 58.

Sa mère nous gardait quand nous étions nourrissons, mais il y a des périodes où l’on ne s'est pas vu. Je suis allé vivre en Italie trois ans. Je suis revenu et j’ai été élevé par mes grands parents paternels sicilien et piémontais dans la région Stéphanoise. Mais ensuite on est allé dans les mêmes écoles et on a fait les mêmes conneries. On a tout fait ensemble Et on ne s’est presque plus quitté.

Le duo que vous composez sur scène est parfait et ça me fait plaisir que vous vous connaissiez si bien, car on n´y croit totalement.

(rire) Je devrais dire que c'est un mec que j'ai croisé en casting, il y a 10 minutes. Ça ferait plus fort, non ? Allez. Écrivez que je ne le connais pas ce mec.

J'ai envie de vous dire que j'ai été extrêmement ému ce soir.

C'est vrai ?

Oui, vraiment bravo. Je trouve que c'est drôle, bien sur, mais aussi émouvant. J'aime beaucoup vos trois humours, en vérité.

On a tout écrit à trois. On est de la même trempe et on arrive à rester ironique sur les malheurs de la vie. Les histoires de trentenaires, ça marche mais ce n’est plus pour nous, je ne crois pas. La vie des trentenaires, je les vois à travers ma fille qui a 32 ans. Sa vie à elle, est très très différente de celle que j’ai vécu à son âge. Et le dernier a 19 ans, c’est fou, sa vie n'a plus rien à voir avec la mienne. je m’intéresse à lui, bien sûr. Je lui demande de m'expliquer mais ne peut pas écrire sa vie. C'est à lui d'écrire la sienne. A 60 piges, on a perdu des amis, des parents et ces tragédies dans nos vies comptent. Vous savez, passé 60 ans, ça me préoccupe plus que les femmes (Sourire). Comme je suis membre de l'ADMD, l'association du droit à mourir dans la dignité, Ce sujet me tient particulièrement à cœur. Dans nos discussions de préparation, je disais « mais moi, je n'aurais pas ce problème! Si c'est moi qui suis malade le premier, je vous demanderai de venir me dire au revoir et je partirai ». J'espère que la loi Léonetti finira par être amendée pour que le patient, le malade puisse faire le choix. On a parlé de ça très longuement et c'est devenu le sujet de la pièce.

Je trouve, tout de même, que finalement la pièce est un peu le contre pied de ce que vous dites car votre personnage est prêt à tout pour décider son ami à rester «vivant »

En effet, mais le choix ultime, c'est le choix ultime. Ce n’est pas le premier choix et puis il peut y avoir de la lâcheté aussi. Après le choc de l’annonce, il devient combatif. Il essaie plein de choses et il se rend compte que l'autre mange tout. Il tente de le pousser à bout jusqu'à l'énerver au point de le retenir. Mais pour ça, il faut se connaître depuis 60 ans. Quand on connaît vraiment quelqu'un, on peut se dire, si j'appuie sur le bouton alors il va s'énerver, alors il va changer sa vision, il va oublier le problème et il va avancer.


En regardant la pièce, on se demande constamment. Mais ou est donc le vrai du faux ?

En fait il n'y a qu’eux deux qui peuvent savoir au bout du compte. Ce qui est important pour le public, c'est qu'à chaque fois, ils prennent cette émotion en se disant, mais pourquoi il lui raconte ça. Ça n'a pas de sens. Si, bien sûr, ça a du sens parce que c'est un souvenir. Mais pourquoi ce souvenir précis aujourd'hui ?

On ne comprend pas tout, tout de suite, mais on finit par douter progressivement.

A un moment donné, on s'est dit « c'est suspect, faut pas en faire trop«. Il ne faut pas donner trop d'indices. Le personnage que je joue veux absolument sauver son pote coûte que coûte, quitte à briser leur amitié.

Il y a quelque chose que j'ai découvert il n'y a pas très longtemps. Je me suis aperçu que j'aimais énormément les scènes de théâtre larges, comme dans votre pièce, cet immense champ de vision donne un sentiment très particulier. la sensation d’être, presque avec vous, dans votre salon.

Ce que vous dites me touche vraiment et me fait plaisir. J’aimerais que les gens puissent se dire qu'ils peuvent venir manger des pâtes avec nous tous les soirs et qu'ils se disent en sortant, « on a passé une soirée à bouffer des pâtes ensemble, avec des potes. Il y en a un qui a un problème, mais tout ça, ca va se régler". Jean-Carol Larrivé, le metteur en scène se fiche des placements. Il nous dit « Soyez déterminés quand vous faites quelque chose. N'hésitez pas, donc on n'hésite pas, Ce soir, Il s'est passé quelque chose de particulier. Philippe cuisine vraiment avant que je rentre en scène et il cuisine très bien. il m´a préparé des petits pains frottés à l'ail avec un et met un peu d'huile d'olive et du parmesan. J’adore ca et je les mange vraiment, mais ce soir, le parmesan c'est un peu sec et j'ai eu très soif (rire). Je cherchais la bouteille d'eau et je ne la voyait pas. Les placements n’étaient donc pas les même qu'hier. ça augmente certainement. le réalisme finalement.


Clairement, j'ai eu vraiment cette sensation. Et avec l'odeur qui arrivait...

Philippe me dit « Fait gaffe. Tu ne peux pas faire cuire l'ail. On n'est pas à la maison et on va pas pourrir le théâtre. Après, pendant des années, les rideaux sentiront l’ail. Ce sera fini pour tous les gens qui vont venir jouer derrière, c'est mort ! »

Le texte est absolument magnifique.

(sourire). Merci !!! on n'arrête la. On n'arrête la dessus, c'est parfait (rire).

Ce que j'aime énormément c'est votre humour qui nous parle véritablement et qui reste très actuel, et en même temps, vous dites des choses extrêmement profondes. J’ai eu les larmes aux yeux à la fin, une belle émotion qui m'a remplit le coeur. Est ce que vous avez vraiment fait un choix, un équilibre entre l'humour et l'émotion ?

Pour ca, c'est la technique pure des trois scénaristes que nous sommes. Il ne faut pas mettre la chute. au début. C’est un exemple tout simple, mais comme on est rompu à ca et quand on écrit sur un ton ironique, sur un sujet difficile. On ne peut pas s'empêcher, à la fin, de dire une connerie et cette surprise emmene du suspense et chaque suspense emmène une autre connerie, ainsi de suite. Plus l'amplitude entre la surprise et le suspense est grand, plus le rebondissement de fin est fort. Jusqu'à la fin, il faut que ça monte tout le temps.

Je trouve ça vraiment brillant.

C'est en fait, une construction assez classique de narration de fiction.

Oui, de la fiction, en effet, mais moins de théâtre pour le coup.

C'est pas faux, en effet. Notre pièce est un peu montée comme une série, dans une unité de temps de lieu et d'action et avec une construction très ramassée.

C'est vrai, je suis tout à fait d'accord avec vous et Il y a toutes les cinq minutes une énorme chose qui arrive.

En plus, toutes nos histoires sont vraies. Concernant la mère Costa. je lui dis “Bien sûr que je m'en souviens. C’est elle qui nous faisait le catéchisme avec des bas" et ça l’énerve vraiment.

C’est vrai ca ?

Oui c'était sa marraine, une sainte marraine. “C’était un sainte avec des bas ta marraine“ Nous on allait tous au catéchisme pour mater le cul de la marraine.

votre pièce est drôle. Souvant ironique mais jamais aigre. Votre amis vous dit “J’ai eu une belle vie offre moi une une belle mort”

Oui, en effet, on a eu une belle vie. Nos vies sont extraordinaires on vient d'un quartier extrêmement populaire de la périphérie d'une ville de province de Saint-Etienne. Franchement au départ on n'a rien à espérer de la vie. Et puis on fait des choses, on apprend à écrire, on vit et finalement on arrive à 60 piges. On a une vie qui est confortable mais on n'as pas oublié pas nos origines. Je n'oublie pas quand mon père était chômeur et que ma mère était obligée de se défoncer pour travailler dans une papeterie au point d’en a laissait un pouce.


Vous avez failli laisser un pousse aussi ce soir.

(rire) Oui s'est passé à ras.


Il va se passer plein de chose, en fait, tous les soirs.

Oui, je dois couper une tomate, il faut que je la coupe vite. Je ne suis pas mauvais, en général et j'y arrive, mais ce soir, la tomate était molle et le couteau ne sait pas bien enfoncé. Il a ripé sur mon doigt (rire). vous voyez ? Il n’y a rien de faux dans notre pièce, dans ce que l’on fair, que l’on montre, dans nos sentiments.


Vous tenez vraiment quelque chose de brillant ce n'est que le 6ème représentation. C’est ça?

Oui. Tout à fait Mais on reste très à l'écoute. On a des potes, des comédiens qui sont venus nous voir Soren Prévost, Lelièvre, Michèle Bernier, Isabelle de Botton. Ils nous ont dit “ça vas. On n’as pas honte”. Ce serait la pire chose

Il y a des tonnes de répliques cultes dans votre pièce. Je pense qu'a un moment donné de sa propre vie ou de sa carrière, on est là pour transmettre et plus pour prouver quoi que ce soit, j'ai vraiment eu cette sensation en vous voyant jouer, ce soir. Vous vous offrait intégralement sans fioritures ni démonstration.

Pas de démonstration Fred, en effet. Merci, merci à vous. Bon allons boire, allons boire un petit coup. #brunogaccio #lespatesalail #jeanclaudelarrive #patrickfarru #phillpegiangreca #tlsp